Sensations d’un premier vol solo en parapente

by carolfo33

Sensations d'un premier vol solo en parapente

Si tu as eu l’occasion de lire mon article sur les 6 choses à savoir pour débuter en parapente en tant que femme, tu sauras que le premier vol solo arrive assez tôt dans un stage d’initiation. Cela peut surprendre – j’étais moi-même déstabilisée – mais en étant bien encadré.e en école, normalement les risques sont minimes ! Ce premier “grand saut” est essentiel pour dépasser ses appréhensions, découvrir les sensations et progresser rapidement. Je te propose un petit retour d’émotions, en texte et images, de cette expérience de premier vol effectué lors de mon stage à Accous, dans les Pyrénées béarnaises.

Jour J : quand il faut y aller, faut y aller

Troisième jour du stage : nos moniteurs estiment que chaque élève du groupe est prêt à faire le « grand saut ». Techniquement, il s’agit plutôt de décoller que de sauter, mais psychologiquement je qualifie ce premier vol d’un grand bond en dehors de ma zone de confort !

Ce jour est particulièrement fort en émotions. J’avoue que je ressens depuis le début du stage pas mal d’excitation et d’appréhension, voire une petite frousse, à l’idée de dévaler une petite pente de montagne en courant pour espérer faire décoller correctement la voile du parapente et être dans la bonne position pour la faire planer et tourner en douceur. Sans oublier que l’objectif final est de retrouver la terre ferme en un seul morceau et, de préférence, sur le bon terrain… !

Heureusement, on est guidé à la lettre par talkie-walkie, mais il s’agit tout de même d’un excellent exercice de confiance en soi et de prise en main des rênes de sa vie nécessitant aussi un grand lâcher prise… La peur peut être favorable en rendant vigilant face aux risques, mais pour engager l’action (=> décoller) il faut aussi savoir se vider la tête, se concentrer, croire en soi et accorder sa confiance aux moniteurs !

En chemin vers la pente de décollage en début de matinée, la boule d’émotions est bien vive au fond de moi et les pauses pipi excessives. Il y a un sacré brouillard ambiant qui renforce encore plus le suspense et la dimension inconnue de cette expérience nouvelle. Puis, le moment magique arrive lorsque les nuages s’ouvrent devant nous et qu’un rayon de soleil vient révéler enfin la pente de décollage et le magnifique panorama – signal qu’il faut y aller.

GO GO GO !

Très vite, me voilà attachée à ma sellette et aux trois bouts de corde tenant la voile. A quelques secondes du moment fatidique, j’arrive enfin à baisser la voix intérieure de la peur qui jusque-là anticipait et analysait chaque risque présent. Désormais, je ressens une grande excitation et détermination. Je lance mon petit sprint vers le vide, la voile s’élève, je « lâche mes avants » et je cours jusqu’à ce que mes jambes patinent dans l’air comme Bip Bip (cf. Looney Tunes). Yahhouuu !

Pendue dans le vide avant de m’asseoir confortablement dans ma sellette, la tête bien sur les épaules (et non l’inverse – heureusement), je prends conscience des premiers instants dans l’air qui sont assez irréels. Je me sens comme un drone qui plane au milieu des montagnes environnantes capturant des images fantastiques et inédites. Je découvre les premières sensations de vol : le silence, le vent sur le visage et la douceur de la glisse qui me procurent une grande zénitude (même si je tiens fermement mes commandes). N’existe que l’instant présent !

Je suis les instructions de mon moniteur et, en me rapprochant de la zone d’atterrissage, je me concentre davantage sur les gestes et virages précis à effectuer. Mes pieds retrouvent la terre ferme sans difficultés après environ 5 minutes magiques de vol libre.

En bas, je me sens un peu comme un enfant qui vient de descendre un toboggan vertigineux pour la première fois de sa vie. J’ai qu’une seule envie : remonter en haut au plus vite et recommencer !

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