Pourquoi partir seul.e en randonnée-bivouac et comment dépasser ses peurs ?

by carolfo33

- OUTDOOR PRATIQUE -

Pourquoi partir seul.e en randonnée-bivouac
et comment dépasser ses peurs ?

L’envie de tenter l’aventure randonnée-bivouac en solitaire peut être présent chez toi ou non. C’est ok, le plus important est de s’écouter ! J’écris avant tout cet article pour ceux – et surtout celles – qui ont la petite graine à faire germer, qui hésitent à se lancer et qui ont besoin de quelques conseils pour dépasser leurs craintes…

Tu verras, la peur n’est pas forcément une mauvaise chose, tant qu’elle ne t’empêche pas de franchir le pas 😉

Toujours commencer par les bonnes raisons de faire quelque chose !

Dans un de mes précédents articles, je te livrais mes 5 bonnes raisons de te lancer en grande randonnée près de chez toi – parce que oui, pour l’avoir vécu plusieurs fois, je suis convaincue que passer quelques jours en immersion totale dans la nature est une belle expérience, simple et unique ! 

C’est sûr que seul.e c’est différent. Certes, on a personne avec qui papoter sur le chemin et partager le saucisson à la fin de la journée, mais les avantages sont tout autres et l’expérience vécue plus intense.

 

Quelques atouts de la randonnée en solitaire :

  • La liberté ! En commençant par celle de choisir une randonnée dans un milieu et avec un niveau qui nous vont bien. Nous éliminons la crainte de ne pas pouvoir suivre un groupe, ou au contraire d’être freiné. On est libre de se laisser aller à nos envies du moment présent : faire des pauses là où on veut quand on veut, marcher plus ou marcher moins, admirer un point de vue, prendre une photo, méditer sur un rocher… 

 

  • On est davantage à l’écoute de nos 5 sens, généralement parce qu’on marche en dans le silence et qu’on fait naturellement preuve de plus de vigilance ! Cette sensibilité accrue permet ainsi d’être réellement connecté à l’environnement qui nous entoure et de prêter un peu plus attention à toutes les belles choses ! 

 

  • Seul, c’est aussi un voyage intérieur : nous pouvons nous perdre dans nos pensées, qui vont et viennent, prendre du recul sur notre quotidien et faire le point. De nouvelles envies et inspirations peuvent émerger aux fins fonds de la forêt, sur les hauteurs d’une montagne ou en cheminant vers Compostelle ! Et, parfois, nous nous découvrons au passage des ressources insoupçonnées…

 

  • On cultive l’intuition ! En pleine nature et en mouvement, en étant ouvert à ses sens, sensations et à notre énergie, nous développons le fameux 6e sens – notre “boussole intérieur” qui nous accompagnera dans nos choix et futures décisions que ce soit en randonnée ou au quotidien.

 

  • On peut rentrer fier, épanoui avec la satisfaction de s’être dépensé, d’avoir découvert de belles choses, d’avoir su lire une carte et monter sa tente sans assistance et d’avoir “survécu” face aux éléments (ceci dit, l’objectif n’est évidemment pas de se mettre en danger !) – et ce sentiment est encore plus fort lorsqu’on est une femme 😉

La peur de s’aventurer seul.e (et comment bien l'utiliser !)

Toutefois, ces bonnes raisons n’éliminent pas les craintes qui peuvent freiner les femmes – et bien souvent aussi les hommes – et éventuellement les empêcher de se lancer dans une belle aventure. La question est : faut-il avoir peur de partir randonner seul et de passer la nuit dehors ? 

Je réponds simplement oui parce que je pense que la peur n’est pas forcément négative et se traduit par une certaine vigilance et connexion à ses 5 sens qu’il est bon d’avoir, sans pour autant être branché 24h/24 en mode parano ! 

Toutefois, le danger est relatif et la plus grande vigilance à avoir est celle de bien se préparer, de maîtriser sa pratique et de connaître à minima son terrain de jeu (et les conditions du jour) pour partir à l’aventure en toute tranquillité ! Ceci est particulièrement valable si on envisage de partir en milieu “hostile” ou sur un terrain technique, comme en montagne. Ainsi, en anticipant le danger on limitera les risques et on évitera les incidents bêtes et le hors sentier involontaire.

Faut-il avoir peur de se faire agresser ?

En réalité le risque de se faire agresser au milieu d’un bois ou dans un endroit peu fréquenté est faible et les statistiques démontrent que les agressions ont davantage lieu en zone urbaine ou dans son entourage personnel ! 

  • Eviter les endroits fréquentés par les promeneurs, joggeurs, chasseurs (cela va de soi) et se mettre à minima à 15-20 minutes de toute zone urbaine, voire de toute route
  • Être aussi discret que possible, poser de préférence son bivouac tard et partir tôt (plus de conseils ici)
  • S’assurer de ne pas être suivie. Au moment de bivouaquer, on peut revenir 200m sur ses pas et observer. Il est également possible de faire une première halte pour préparer le repas du soir avant de bivouaquer un peu plus loin. 
  • Ne pas laisser de signe de féminité en dehors de sa tente – ainsi, personne ne saura s’il s’agit d’une petite femme ou d’un grand gaillard à l’intérieur de la tente !

La peur des animaux

Voir passer un animal sauvage est souvent un moment marquant lors d’une balade dans la nature, bien que cela puisse aussi être une source d’angoisse. La meilleure attitude à avoir est de partir du principe que l’on s’invite chez eux et non l’inverse. Les animaux sauvages sont rarement agressifs, mais ils sont quand même territoriaux et protègent leurs petits (un peu comme les Hommes au final) ! 

En France, il est toutefois très rare de se faire agresser par un animal ou tuer par un serpent venimeux sauf si nous avons un comportement dérangeant ! 

Quelques bonnes attitudes à adopter pour favoriser la cohabitation harmonieuse et éviter tout problème :

  • Éviter de traverser un troupeau d’animaux, notamment de vaches et ne pas se mettre entre un veau et sa mère. Les vaches peuvent paraître “bêtes”, mais leur instinct maternel est bel et bien présent ! Il en est de même pour les troupeaux de sangliers.
  • Éviter d’installer son bivouac sur les couloirs d’animaux, visibles par les traces au sol. 
  • Si on pense attirer les animaux, laisser de préférence la nourriture en dehors de sa tente. On peut envisager de la cacher en hauteur dans un arbre !
  • Attention aux tiques : elles sont petites et perfides, et surtout elles peuvent porter la maladie de Lyme. Si tu traverses une forêt ou des hautes herbes, pense à examiner ton corps. Il est utile d’avoir une pince à tique dans sa trousse de secours.

 

troupeau vaches randonnée

Et lorsqu'il faut gérer la peur de son entourage ?

“Tu ne vas quand même pas aller dormir seule dans les bois ?!”  – Maman

Ton choix de partir à l’aventure et de rando-bivouaquer seul.e dans la cambrousse ou perdue dans la montagne peut étonner les mamans et chéri.e.s attentionné.e.s, voire susciter une certaine peur et incompréhension. Pourquoi dormir dehors en milieu hostile dans l’inconfort et l’insécurité lorsque l’on a accès à un lit douillet ? 

Cette envie d’exploration, d’aventure et de retour à la nature n’est pas toujours une chose facile à justifier – surtout si on compte vivre l’expérience en solitaire. Chez les femmes, on sort sans doute davantage de la norme que chez les hommes. Une des plus grandes difficultés peut simplement être d’assumer cette volonté de partir seul.e into the wild, d’affirmer son côté “sauvage” et de se lancer malgré les quelques réticences de son entourage ! 

Plus on sera organisé et préparé, plus on sera rassuré et en mesure de rassurer nos proches. Il est important de les inclure dans ton aventure en partageant tes plans, ton itinéraire et en envoyant un petit message de temps en temps avec les coordonnées gps.

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