Le Canal des 2 Mers à vélo

by carolfo33

- RÉCIT -

Le Canal des 2 Mers à vélo

LOCOMOTION

vélo

DUREE

1 semaine

GIRONDE

Bordeaux -> Gruissan

NIVEAU

fesses cuirassées

esprit du tour

Du cyclotourisme en hiver ? Oui c’est possible ! Voici le récit de mon petit périple d’une semaine sur le Canal des 2 Mers. Cet itinéraire cyclable relie l’Atlantique à la Méditerranée, entre Royan et Sète, en passant par le Canal de la Garonne et le Canal du Midi. 

… Oui mais en hiver ? Bon parfois il ne faut pas se poser trop de questions et juste y aller. Certes les journées sont plus courtes et la météo moins clémente qu’en été, mais au moins on a l’impression de vivre une vraie aventure. 

Mes 3 kifs du séjour : le rayon de soleil qui perce le brouillard du canal, la douche chaude et le cassoulet au feu de bois !

Un winter break improvisé...

L’hiver, la saison propice à la remise en question ! Ce petit périple d’une semaine est né dans une période de doutes personnels et suite à un bon conseil : pour faire face aux pensées limitantes et arrêter de tourner en rond, change d’air et fais ce qu’il te plaît !

Et puis, comme l’a dit Einstein : “La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre”, expression que j’aime remixer ainsi : il faut avancer en bicyclette pour ne pas perdre l’équilibre dans la vie.

Pas si simple d’aborder une semaine de cyclotourisme au mois de février. Je trouve d’abord de fausses “bonnes raisons” de reporter ce projet aux beaux jours, mais l’envie me titille depuis quelques temps de ressortir ma randonneuse et de l’amener faire un bon tour… 

Plusieurs itinéraires cyclables sont facilement accessibles, quasiment depuis le pas de ma porte, dont le “Canal des 2 Mers” qui relie l’Atlantique à la Méditerranée par le Canal de la Garonne et le Canal du Midi. L’idée de faire ce petit périple sur une semaine et de finir avec les pieds dans la Méditerranée me tente bien. J’ai juste à enfourcher le vélo et à rouler…

ALLEZ, ON Y VA !

Finies les excuses, je me lance. Je valide la faisabilité du projet : prévisions météorologiques passables (un peu de soleil, une journée de pluie et quelques rafales de vent à 100 km/h dans le sens favorable), normalement pas de grèves SNCF annoncées pour le retour en train, un itinéraire sans trop de complications au premier abord et un compagnon qui me soutient. Je sens monter en moi une vague d’excitation : l’idée de partir en mini-aventure, de faire quelque chose de concret et de me replonger dans ma passion le temps d’une semaine me rebooste. 

Reste à savoir si je me la joue « solo » aventurière en quête introspective ou si j’ouvre l’expédition aux potentiels intéressés. Finalement, je propose à mon compagnon d’enfiler son cuissard et de profiter de son weekend pour faire un Bordeaux-Agen en vélo (ouep, super copine !) et j’appelle mon frère pour lui vendre un Agen-Méditerranée à 2 roues. Tous deux sont partants.

Premiers coups de pédale sur le Canal de la Garonne

Mon compagnon et moi décidons finalement de partir de Langon et rattrapons le Canal de la Garonne un peu plus loin, par souci de timing et pour éviter de refaire une portion de l’itinéraire que nous connaissions déjà. La remise en selle s’avère moins pénible que prévue, notamment grâce au grand soleil du premier jour. Le canal coule droit, les pistes aménagées bordées de platanes sont agréables et bien balisées.

vélo couple canal des 2 mers

Le réveil du dimanche matin est moins facile, nous commençons notre deuxième journée dans le froid et le brouillard, contrairement aux prévisions de Météo France qui nous promet pourtant un soleil radieux. Nous croisons peu de monde mais il suffit d’un chien peu discipliné pour que je me retrouve étalée par terre. Un peu grognonne pour les kilomètres suivants, je suis quand même soulagée que mon vélo et moi soyons intacts.

Agen canal des 2 mers à vélo

Je procède à mon échange rapide d’homme à la Gare d’Agen. En l’espace de 5 minutes, je quitte le beau châtain francophone pour réceptionner le jeune blond anglophone, fraîchement arrivé depuis la Dordogne, sous le regard amusé d’une dame assise à proximité. 

Le troisième jour démarre de nouveau dans le brouillard. L’humidité transperce mes gants et mes chaussures et j’ai les extrémités congelées au point où j’ai du mal à changer mes vitesses ! Mon frère a du mal à se remettre en jambes mais nous poursuivons patiemment.

 

Même si cette brume donne au canal une ambiance mystique, nous sommes soulagés de voir le soleil percer les nuages en milieu d’après-midi alors que nous arrivons à Castillonnès. La sensation de décongélation est magique. Mon frère, responsable du repérage du camp sauvage pour la nuit, nous déniche un coin dans un petit bois avoisinant la piste grâce à son expertise sur Google satellite view. A part le brame d’un cerf avoisinant, le spot est tranquille, le couscous en popote réussi et les 10 heures de sommeil réparatrices. 

Le Canal du Midi : de Toulouse à la Méditerranée

Le lendemain nous continuons en direction de Toulouse. Nous faisons un petit crochet dans la ville rose faire une bonne pause déj avant de rattraper le Canal du Midi. L’ambiance de l’itinéraire change. La piste est plus sinueuse, jolie et intéressante. Une partie continue parallèlement à l’autoroute A62 mais ce n’est pas tellement gênant. Le soleil est au rendez-vous, le vent nous accompagne et la bonne humeur est présente. Après 90 km, nous nous arrêtons en fin d’après-midi dans un petit bois en haut d’une colline alors que les nuages noirs menaçants avancent vers nous. Les oies sauvages, paniquées, ont également décidé de faire escale dans les parages et font un sacré bordel. Nous plantons les sardines juste avant le déluge.

camping vélo canal des 2 mers

Le lendemain s’annonce humide, sans grande surprise. Pour la pluie, Météo France ne se trompe jamais. Notre belle avancée de la veille nous a permis de réduire l’étape d’aujourd’hui : 40 km à parcourir pour atteindre le petit gîte avec sa douche chaude, le grand luxe. Cependant, la complication n’est pas tant la pluie torrentielle accompagnée de grosses rafales, mais la fin de la partie aménagée et bitumée de la piste longeant le Canal. Nous nous retrouvons sur un chemin de halage boueux et devons rebrousser chemin pour trouver un itinéraire alternatif sur les routes départementales. Nous arrivons rincés à notre gîte à Caux-et-Sauzens mais le confort est top. 

Le jour suivant, la pluie tombe toujours et nous raccourcissons notre étape, décidant de faire les 15 km tranquillement jusqu’à Carcassonne et d’en profiter pour faire un peu de tourisme. Nous nous arrêtons dans un restaurant médiéval pour dévorer un menu Pantagruel avec un bon cassoulet histoire de renforcer les cuisses et les mollets. Nous faisons aussi un tour dans le château de Carcassonne et sur ses remparts avant de profiter de l’accueil chaleureux de deux expatriés bretons dans un Airbnb.

Dernière étape : Carcassonne à Gruissan, notre destination au bord de la Méditerranée. Je fais confiance à mon frère qui a pris l’entière responsabilité de la navigation. Effectivement, il nous concocte un joli itinéraire à travers les petites routes du Minervois, passant par les vignobles avec vue sur les montagnes au loin. Le soleil refait son apparition, nous avançons confortablement et mon frère me fait savoir qu’il est heureux d’être là. Moi aussi. 

Nous rattrapons le canal plus loin, à l’entrée de Narbonne et poursuivons jusqu’à Gruissan sur la piste à travers les marais. Après avoir contourné le Château de Gruissan, nous entamons la dernière ligne droite jusqu’à la plage. Mission accomplie, je touche l’eau. Le soir nous célébrons dignement notre victoire avec un méga combo bières, cacahuètes et pâtes.

Conclusion de ce winter break à vélo : pédaler dans le froid = augmenter son appréciation des choses simples !

Certes, ce n’est pas forcément le kif total de passer 5 heures à pédaler sous la pluie et dans le froid, mais après une bonne journée à faire face aux éléments je suis convaincue que nous renforçons notre estime de soi ainsi que notre appréciation des choses habituellement anodines : l’extase d’une douche chaude, le réconfort d’une tasse de thé (ou encore mieux d’un chocolat chaud), le partage d’un bon plat de pâtes…

Pour compléter ma liste de gratitude de la semaine : le rayon de soleil qui finit par transpercer le brouillard, le vent favorable (un petit tour de rond-point me confirme que nous avons bien fait d’entreprendre cet itinéraire dans le sens des rafales), les mains et pieds qui décongèlent au soleil, les chemins et routes pittoresques, les vêtements secs, l’accueil de nos hôtes, le bon cassoulet, le feu de bois, le chauffage, la vue de la mer Méditerranée, les moments de partage avec mes deux compagnons…

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