S’inspirer d’autres cultures et philosophies

by carolfo33

S'inspirer d'autres cultures et philosophies

avoir un autre regard sur notre lien à la nature

voyage laos

Si je suis convaincue qu’il est essentiel de rouvrir nos yeux sur la nature près de chez nous et de prendre le temps de connaitre et d’apprécier l’environnement naturel qui nous entoure (tout en réduisant notre empreinte écologique), je ne crois absolument pas qu’il faille se fermer au monde et à d’autres cultures. Au contraire, il est bon de temps en temps de découvrir d’autres paysages et modes de vie, de rencontrer d’autres populations et cultures pour changer de perspective et pour s’en inspirer.

Faire un voyage qui a du sens…

…Ou simplement se retrouver avec d’autres pour échanger nos expériences de voyage, lire des livres ou regarder un bon documentaire qui peut nous amener à voir le monde – et notre lien à la nature – différemment.

 

“La diversité biologique et culturelle sont liées de manière intrinsèque et inextricable et, ensemble, détiennent la clef du développement durable » (De la Déclaration de 2010 sur la diversité Bio-culturelle).

Il existe partout dans notre monde des tribus et sociétés locales, notamment celles dites autochtones, indigènes ou traditionnelles, où le lien à la nature n’est pas aussi dichotomique que dans nos sociétés occidentales ; des communautés qui vivent en interaction et en harmonie avec l’environnement naturel, qui ont des savoirs et savoir-faire fondamentaux et dont les pratiques traditionnelles et la gestion des ressources sont « vertes » par nature. Elles ont conscience de la valeur de la nature en tant que ressource essentielle à la vie et à leur survie.

J’ai eu l’occasion de faire quelques « grands » voyages dans ma vingtaine qui m’ont inspiré. Le dernier c’était au Laos, où j’ai pu faire quelques treks en immersion dans la jungle et quelques découvertes de villages traditionnels. Ce qui m’aura le plus marquée dans ce voyage (outre que les boules de riz gluant) : l’importance de la ressource naturelle dans les modes de vie de ces tribus et les savoirs de nos jeunes guides (qui avaient à peine 20 ans) et qui maîtrisaient leurs machettes aussi bien que je maîtrise ma souris et mon clavier. Nous avons identifié de multiples plantes sauvages, comestibles et médicinales, nous avons gouté à du rotin (oui, la même plante qui est utilisée pour fabriquer des chaises IKEA), nous avons appris à cuisiner de la soupe à partir de cœur de bananier cuite dans du bambou, et fabriqué des gobelets en bambou ainsi que divers objets pratiques. En échangeant avec les guides, nous avons aussi appris que le gouvernement veut sédentariser les tribus et les rapprocher des villes pour favoriser l’accès à l’éducation et à la santé. Le problème (ou paradoxe ?) est que ces mesures s’inscrivent dans une vision idéaliste occidentale et éloignent les sociétés de leurs racines et des savoirs traditionnels liés à la nature…

Dans certaines cultures et philosophies, le rapport à la nature a aussi une dimension spirituelle associée aux croyances. C’est le cas du bouddhisme, qui valorise le principe de non-violence et de compassion envers tous les êtres vivants dont les animaux, mais aussi les plantes qui fournissent tout ce qui est nécessaire à la vie. Les bouddhistes entretiennent ainsi un lien profond et respectueux avec la nature.

En voyage en Nouvelle-Zélande, j’ai aussi pu découvrir une autre forme de lien spirituel à la nature basé sur les croyances des Maoris. J’étais accueillie en tant que Workawayeuse dans la famille de Rima qui a pris le temps de me raconter et de me faire vivre certaines traditions maories. Je vous partage un extrait de mon carnet de voyage ci-dessous.

pine tree icon blanc

« Les Maoris ont beaucoup de respect pour leur environnement naturel. Dans leur croyance, Ranginui, le “père” gardien du ciel, et Papatuanuku, la “mère” gardienne de la terre, sont à l’origine de la création du monde.  Ensemble ils ont beaucoup d’enfants qui sont les ancêtres de divers éléments de la nature : la forêt, le vent, la mer, les oiseaux, etc. Les rivières sont sacrées (elles représentent le sang qui coule dans les veines de Papatuanuku) et ont une grande importance culturelle et identitaire. Ainsi, lorsqu’un Maori se présente, il cite la rivière associée à sa tribu ainsi que la montagne.

J’ai eu la chance de pouvoir accompagner Rima à un petit tournage ; le Conseil du district local avait pour projet de réaliser un documentaire sur la gestion environnementale de l’eau et en montrant aussi sa valeur culturelle et spirituelle en lien avec la communauté maorie. Nous avons donc fait une petite sortie au Parc National de Kahurangi où se trouve la source de la rivière Riwaka. Il s’agit d’un lieu sacré pour les Maoris qui s’y rendent pour se purifier et se guérir dans les eaux claires. Pour la vidéo, Rima et son amie, Joy, ont notamment effectué une cérémonie de bienvenue, appelée karanga, pour inviter les visiteurs (dont moi-même) à pénétrer dans ce lieu symbolique (…)

Nous avons aussi fait un tour dans un cimetière. Les Maoris ont pour tradition d’enterrer leurs défunts pour rendre le corps, entier, à la terre et à leur mère, Papatuanuku (…) Autre pratique traditionnelle intéressante : le placenta des nouveaux nés est enterré par la famille dans des lieux symboliques ».

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