En Grande Randonnée près de chez moi : entre le GR8 et la Voie de Soulac

by carolfo33

- RÉCIT -

En grande randonnée près de chez moi :
entre le GR8 et la Voie de Soulac

LOCOMOTION

à pied

DUREE

3 jours (modulable)

GIRONDE

Piqueyrot (en boucle)

NIVEAU

facile

Fin mai 2020 : après 2 mois de confinement, à nous la liberté ! Le moment me paraît propice pour partir en balade et me lancer sur une portion de Grande Randonnée près de chez moi, dans mon rayon de 100 km : le GR8 entre les lacs médocains et l’Océan Atlantique. Récit de 3 jours de marche et de microaventure en pleine nature avec 2 nuits en bivouac et la rencontre de Saint-Jacques !

Un GR près de chez moi, pourquoi pas ?!

Inspirée par un challenge surnommé “GR où tu iras”, proposé par Chilowé (réseau de la microaventure en France), je me lance dans la quête d’un chemin de Grande Randonnée sur lequel partir en balade près de chez moi.

Petit rappel : les “GR” ou chemins de Grande Randonnée, qu’on reconnaît aux marquages rouges et blancs, permettent de faire des randonnées de plusieurs jours ou de plusieurs semaines. En France, le réseau de chemin totalise plus de 60 000 kms – soit de quoi marcher un bon bout de temps ! Pour un petit aperçu du réseau, consultez le site gr-infos.

Pour le moment, allons y pour 3 jours histoire de déconfiner en douceur. Au vu du grand soleil et des fortes chaleurs annoncées pour cette semaine fin mai, j’ai grand soif d’eau : ce sera donc le GR8 qui suit le littoral atlantique en démarrant depuis Piqueyrot, au nord-ouest du Lac d’Hourtin, et descendant vers le Bassin d’Arcachon en direction du Cap Ferret.

Même si je connais déjà bien ce territoire, pour y avoir fait pas mal de petites balades, tours à vélo, coups de brasse et sorties en paddle (j’en parle ici), je me dis que 3 jours de marche en immersion réelle dans la nature sera une autre manière de le découvrir et de l’apprécier. Et, pour pimenter le tout, j’ai décidé de vivre cette expérience seule en passant 2 nuits dans la forêt sous la toile de tente !

Randonner seule en mode backpackeuse-bivouaqueuse

Je conçois que randonner seul.e n’est pas la tasse de thé de tout le monde, et je comprends encore plus que le choix de faire du camping sauvage dans les bois peut paraître étonnant (surtout lorsqu’on est une femme !). Pourtant, c’est une expérience fascinante que je recommande de vivre au moins une fois dans sa vie, même si cela nécessite de surmonter quelques doutes, craintes, contraintes et une certaine conformité sociale ! Article dédié au sujet à paraître bientôt !

Au départ de cette microaventure, je m’aperçois que cela fait quelques temps que je ne suis pas partie seule into the wild en mode backpackeuse-bivouaqueuse sans mâle protecteur ou compagnie rassurante. Je ne peux m’empêcher de passer en revue tous les doutes et d’établir une bonne problématique de départ : Est-ce normal pour une femme de partir randonner seule, avec sa tente et sa popote, dans les bois près de chez elle ?

… Surement que non mais, comme on dit, ce n’est pas forcément mal de prendre un chemin moins fréquenté 😉

Les premiers pas sont les plus difficiles, le temps de me mettre dans l’esprit de ma petite aventure improvisée et de m’adapter au rythme de la marche avec le poids du sac qui contient l’essentiel pour ces quelques jours en autonomie dans la nature : de quoi dormir, cuisiner, manger et boire. Ma réserve d’eau potable est précieuse : chaque goutte compte, surtout par ces fortes chaleurs, jusqu’à ce que je puisse refaire le plein en ville (je préfère ne pas tester l’eau du lac) !

En revanche, j’adore cette impression de porter juste ce qui est “nécessaire” et de revenir aux choses simples – éliminer le superflu et prendre conscience de mes besoins réels.

Le récit : en randonnée entre le GR8 et le Chemin de Saint-Jacques (Voie de Soulac)

Jour 1

Très vite je retrouve la joie et l’émerveillement d’être au milieu de la forêt avec le chant des oiseaux et embaumée par l’arôme des pins. Cette portion de l’itinéraire GR8 est bien balisée et facile à suivre à travers la pinède et je n’ai pas grande crainte de me perdre, d’autant plus qu’il y a énormément de repères naturels : le lac d’Hourtin/Carcans à ma gauche, un grand massif dunaire et l’Océan Atlantique à ma droite. J’ai juste à cheminer vers le plein sud – c’est une belle sensation de liberté !

A une bifurcation, je découvre un autre chemin balisé dont j’ignorais l’existence : le Chemin Saint-Jacques de Compostelle “Voie de Soulac” qui longe de plus près le lac et qui interpelle donc ma curiosité. Partageant le même itinéraire que le GR8 sur une bonne portion, le chemin de Saint-Jacques suit un magnifique petit sentier tantôt au bord de l’eau, tantôt un peu en hauteur avec une vue surplombant le lac scintillant au soleil. 

chemin saint-jacques voie de soulac

Après vérification de chaque itinéraire, je décide sur un petit coup de tête de changer de plan et de suivre mes envies : au lieu de faire une balade linéaire en descendant simplement le GR8 en espérant atteindre le Bassin d’Arcachon, je ferai finalement une boucle en remontant par le Chemin de Saint-Jacques de Compostelle pour retrouver mon point de départ. 

En me rapprochant de Bombannes, je quitte les abords du lac pour monter sur la dune forestière et la traverser en direction de l’océan. Je m’arrête pour établir mon premier campement au milieu de la forêt dans un spot tranquille avant de préparer mon repas du soir dans ma popote en écoutant les animaux. A la tombée de la nuit, tout le monde s’endort d’un coup et je passe une nuit au calme.

Jour 2

Je retrouve la civilisation à Carcans Plage avec ses surfeurs (et son point d’eau) ! Le chemin se poursuit ensuite parallèlement à la côte, à l’ombre dans la forêt, et il est possible à quelques endroits de bifurquer pour accéder à la plage. Par températures moins élevées, il serait également envisageable de poursuivre sa marche au bord de l’océan, les pieds dans le sable.

plage océan atlantique carcans

Au carrefour de l’Alexandre, j’ai choisi de poursuivre mon chemin sur la piste cyclable en direction de l’Étang de Cousseau (le chemin de Saint-Jacques peut aussi se rattraper un peu plus bas). Suivre la piste goudronnée n’est pas désagréable, mais est moins intéressante que les petits sentiers sableux tapissés d’aiguilles de pins. Je fais l’impasse sur l’étang, accessible par un petit détour. J’avoue que j’ai chaud, je commence à flancher et il me tarde de retrouver l’eau douce du lac pour me rafraîchir ! J’atteins finalement Maubuisson pour la pause baignade tant attendue. 

Je remonte ensuite en direction de Bombannes, par le Sentier du Lac où je découvre de nouveau quelques jolis panoramas depuis les hauteurs ainsi que quelques oeuvres Land’Art. Je descends un petit sentier discret qui me conduit vers le spot idéal pour établir mon camp au bord du lac.

bivouac au lac d'hourtin/carcans

 

Jour 3

Je me réveille de bonne heure et je profite de la magnifique lumière matinale sur le lac en sirotant mon thé. Aujourd’hui, je suis le petit sentier au bord du lac sur tout son long jusqu’à Piqueyrot et je m’amuse un peu : j’explore le sentier d’interprétation dans le domaine de Bombannes, je marche un peu pieds nus, je marche dans l’eau, je m’arrête faire une bonne pause baignade/pique-nique/sieste sur une plage “abandonnée” (du moins elle l’est au mois de mai) et je suis émerveillée dans la mangrove au bord de l’eau. Bref, je retrouve mon âme d’aventurière… ou d’enfant !

Quelques rencontres sur le chemin

En dehors des lieux urbanisés (Carcans Plage, Maubuisson et Bombannes) et des quelques passages sur les pistes cyclables, je croise très peu de monde sur l’itinéraire et les autres randonneurs ayant entrepris un pèlerinage dans leurs 100 km se font discrets. En revanche, je fais la rencontre de quelques animaux, ce qui ne me laisse pas indifférente. 

Le premier soir, alors que je suis assise à côté de ma tente au milieu de la pinède, je suis surprise par un chevreuil qui m’a repérée et qui commence à m’aboyer dessus. Apparemment, il n’est pas ravi de me voir installée sur son territoire… Je me lève doucement, les mains légèrement en l’air pour exprimer mon innocence et tenter une approche amicale, mais ma dégaine de touriste en t-shirt rose, casquette et mini short l’a sans doute impressionné. Il repart à grands bonds dans la forêt. 

Je croise aussi une grande famille de cormorans, oiseaux marins de couleur foncée, peuplant le haut de quelques pins surplombant le lac. Eux-aussi, apparemment peu contents de ma visite impromptue puisque je reçois quelques “missiles” en passant. 

Parmi mes autres rencontres de près avec la faune sauvage, je manque de peu de marcher sur quelques serpents étendus sur le sentier. Il s’agit de couleuvres inoffensives mais je poursuis ma marche en guettant de près le sol, tentant de distinguer branchages et serpents éventuels (avec quelques fausses alertes) !

serpent lac d'hourtin

5 bonnes raisons de te lancer sur un GR près de chez toi

#1- (Re)découvrir un territoire près de chez toi : peut-être que tu ne te balades pas souvent près de chez toi ? C’est l’occasion de partir explorer et découvrir les richesses insoupçonnées ! Si tu penses être en terrain connu, tu seras étonné.e par les coins cachés que l’on découvre et le dépaysement ressenti lorsque l’on passe quelques jours en immersion totale dans la nature…

#2- Se déconnecter, ralentir et renouer avec la nature : la marche nous laisse le temps de contempler, de ressentir l’environnement naturel et de s’ouvrir au monde végétal et animal qui nous entoure. Déconnectés du quotidien, cette expérience ouvre nos sens et réveille notre côté sauvage !

#3- Se faire du bien : la randonnée c’est du sport – top pour s’oxygéner, bouger son corps et libérer les endorphines ! En pleine nature les bienfaits sont multipliés : apaisement, ressourcement, inspiration… C’est l’occasion de profiter du moment présent et de retrouver les choses simples en passant du bon temps seul.e ou à plusieurs. 

#4- Une expérience à la portée de toutes et tous ! A part disposer du matériel de base pour bivouaquer, partir quelques jours en balade près de chez soi n’a rien de compliqué : peu de transport, peu de dépenses, un peu d’organisation (itinéraire, matériel, eau, logistique) et un poil de motivation ! 

#5- S’entraîner – ou s’inspirer – pour de futures grandes aventures : tu as peut-être pour projet futur de partir voyager ou de randonner plus loin ou plus haut ? En attendant, tu peux tester l’expérience près de chez toi pour gagner en confiance, en forme et tester ton matériel ! Autrement, qui sait, cela peut t’inspirer pour te lancer dans d’autres aventures…

 

Si tu es intéressé.e par un peu de marche sur le GR8/Voie de Soulac, je t’assure que c’est facile pour naviguer et que tu n’as pas à craindre le dénivelé. C’est un bon terrain d’entrainement si tu te lances sur une de tes premières grandes randonnées ou simplement si tu souhaites passer un moment agréable en profitant des pauses plage et baignade ! 

PS : si cela te tente, n’hésite pas à me faire signe pour des conseils supplémentaires, ou même un peu de compagnie !

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